Le projet Pompoko
Une compagnie hip-hop devenue association artistique.
Pompoko est une association artistique basée entre Grenoble et le Grésivaudan. À la base, il y a une compagnie de danse hip-hop, des créations chorégraphiques, des spectacles, des amis artistes, beaucoup de mouvement, beaucoup de musique, et cette envie un peu simple : créer des mondes où les gens peuvent se retrouver.
Mais Pompoko ne s’arrête pas à la scène.
Aujourd’hui, l’association développe plusieurs terrains de jeu : spectacles, actions culturelles, transmission, cours, stages, événements, battles, soirées dansantes, projets avec des écoles, structures sociales, lieux de soin, collectivités et lieux culturels. Le cœur reste le même : faire un art vivant, accessible, exigeant, joyeux, parfois un peu bizarre, mais toujours sincère.


Pourquoi « Pompoko » ?
Pompoko, pour beaucoup de gens, c’est d’abord un film du Studio Ghibli, mythique studio d’animation japonais. Avant ça, c’est en réalité le bruit de l’onomatopée que font les tanukis - des esprit de la forêt de la mythologie shintoïste japonaise sous forme de chiens raton-laveurs - en tapant sur leur ventre avant de se transformer en ce qu’ils veulent.
En français, on dirait « badaboum » !
Voilà, Pompoko, c’est rigolo.
Et c’est plutôt important pour nous. Parce qu’on aime faire les choses sérieusement, sans trop se prendre au sérieux non plus. On croit aux spectacles bien construits, aux projets solides, aux partenaires fiables, aux artistes professionnel·les. Mais on croit aussi au jeu, à l’humour, au plaisir, à l’accident heureux, à ce moment où quelque chose part un peu de travers et devient vivant. Pompoko, c’est cette énergie-là : poétique, mais pas naïf ; grandiose, mais pas pompeux ; libre, mais pas chaotique. Se transformer, essayer, créer avec ce qu’on a, et faire apparaître autre chose.
Ce qu’est Pompoko aujourd’hui
Pompoko est une association loi 1901. Ses activités sont aujourd’hui organisées autour de plusieurs pôles : la compagnie chorégraphique, la pédagogie, les événements, la médiation et les actions culturelles.
La compagnie chorégraphique
C’est le cœur historique de Pompoko.
La compagnie crée des spectacles de danse hip-hop et des formes chorégraphiques jouables en salle, en extérieur ou dans des lieux non dédiés. Les créations cherchent souvent une forme de liberté : des systèmes de jeu, des règles, du rythme, de l’improvisation, des interprètes qui prennent des décisions en direct.
Des œuvres sérieuses qui ne se prennent pas trop au sérieux.
La transmission
Pompoko transmet la danse hip-hop, le breaking, le freestyle, le hip-hop contemporain et plus largement une manière d’entrer dans le mouvement. On peut travailler avec des enfants, des adultes, des débutant·es, des danseur·euses avancé·es, des écoles, des MJC, des centres de loisirs ou des formations professionnelles.
L’idée n’est pas seulement d’apprendre des pas. C’est aussi d’apprendre à écouter, improviser, prendre confiance, trouver son corps, trouver son rythme.
Les actions culturelles
Pompoko construit des projets avec des écoles, hôpitaux, centres sociaux, structures médico-sociales, lieux culturels, collectivités et associations. Ces actions peuvent prendre la forme d’ateliers, de cycles EAC, de projets Culture & Santé, de créations partagées, de rencontres autour des spectacles ou de projets plus hybrides mêlant danse, arts visuels, scénographie, lumière ou objets.
Une devise : plaisir, liberté, confiance.
Les événements
Pompoko organise aussi des événements pour faire vivre la danse autrement : battles, soirées dansantes, rencontres, temps forts, projets festifs ou formats de territoire. Là encore, l’idée est simple : réunir des gens. Des danseur·euses, des curieux·ses, des jeunes, des familles, des musicien·nes, des publics qui ne se croisent pas toujours.
Une manière de travailler
Faire avec les gens, pas à côté d’eux
Que ce soit sur scène, dans un atelier, dans une école, dans un hôpital, dans un battle ou dans une soirée dansante, Pompoko essaie de garder la même base : créer un cadre clair, puis laisser les gens exister dedans. On aime les projets où chacun·e peut trouver une place. Les artistes, les publics, les partenaires, les participant·es, les technicien·nes, les musicien·nes, les enfants, les adultes, les personnes qui dansent très bien, celles qui pensent ne pas savoir danser du tout. Tout le monde n’a pas besoin de faire la même chose. Tout le monde n’a pas besoin d’être au centre. Mais chacun·e peut contribuer à ce qui est en train d’apparaître.
C’est peut-être ça, le vrai projet Pompoko : créer des situations où le mouvement devient un langage commun.


Le territoire
Grenoble, le Grésivaudan, les Alpes - et ailleurs quand il faut
Pompoko est née entre Grenoble et le Grésivaudan.
Il y a dans le projet quelque chose de très lié au territoire : les montagnes, les salles des fêtes, les théâtres, les écoles, les centres sociaux, les MJC, les lieux de soin, les scènes, les gymnases, les places publiques, les paysages. L’association travaille principalement en Isère et en Auvergne-Rhône-Alpes, mais ses projets peuvent aussi circuler plus largement selon les rencontres, les invitations et les envies. L’important, ce n’est pas seulement de jouer quelque part. C’est de créer un lien avec l’endroit.



Vous voulez faire quelque chose avec Pompoko ?
Vous cherchez un spectacle, une action culturelle, un atelier, un stage, un événement, un projet avec des habitants, des élèves, des patient·es, des danseur·euses ou un public que vous avez envie de faire bouger ?
Écrivez-nous. Même si l’idée n’est pas encore claire.
Souvent, les meilleurs projets commencent comme ça.
La Compagnie Pompoko
En 2022 naît chez le danseur de breaking Killian Drecq l'idée de réunir autour du nom Pompoko ses projets de créations chorégraphiques hip-hop et sa volonté de connecter ses différents amis entre eux.
Un hip-hop libre, joyeux et exigeant
« Que peuvent-ils créer ensemble pour rêver, pour raconter des mondes, pour dire la vie, pour avouer l'amour, pour décanter les émotions et pour profiter de vivre ? Pompoko, c'est au travers de créations chorégraphiques une exploration du moment présent, une collection d'histoires remplies de fleurs, une aventure poétique en bateau ou en montgolfière transportant ses artistes associés qui souvent, glorifient la vie d'une allégresse peu commune. C'est l'idée de réunir des amis lutins, pirates ou sorcières grâce aux arts du mouvement et de la musique. Pompoko, c'est un voyage proche des quatre saisons, des grandes étendues d'eau, des collines et des montagnes, de la ville, de la campagne et de tout ce qui est vivant pour le plus grand plaisir de ces derniers, d'autrui et de leur prochain. »
Pompoko vient du hip-hop.
C’est donc une une vision du mouvement hip-hop propre à Killian Drecq : quelque chose de libre et déconstruit, qui s’appuie pourtant sur des fondations solides en danse hip-hop. Puis non seulement du hip-hop comme esthétique spectaculaire, mais du hip-hop comme culture : le cercle, le freestyle, l’improvisation, la musicalité, le rapport au groupe, l’envie de transformer l’espace avec peu de choses.
Le travail chorégraphique de Pompoko s’appuie sur le hip-hop, mais cherche aussi à rester ouvert : danse contemporaine, solo jazz, electro, house, arts visuels, scénographie, lumière, objets, espaces extérieurs. On aime les formes vivantes. Les corps qui réagissent. Les danseur·euses qui prennent des décisions. Les spectacles qui gardent une part de risque. Chez Pompoko, la danse n’est pas seulement là pour montrer quelque chose. Elle est là pour faire exister quelque chose, maintenant, avec les personnes présentes.
Les créations
My pea is over — solo breaking, texte et hyperactivité
Under the Sun — pièce hip-hop pour six interprètes
Echoes of Jericho — solo participatif hip-hop & jazz continuum
Season of the Witch — création hip-hop, graffiti, musiques jazz et rock
Kiki — performance solo improvisée

La vision de la Compagnie Pompoko,
par Killian Drecq.
Une vision de l'œuvre
Je ne cherche pas à faire un travail qui porte sur quelque chose. Je veux faire un travail qui est une chose.
La danse n’est pour moi pas un acte visant à faire avaler ma propre histoire à tout le monde, mais plutôt une tentative de produire de la clarté par l’action, ce qui permet à quiconque s’y engage de faire l’expérience de sa propre histoire. Une chorégraphie qui n’a pas besoin ni ne dépend de thèmes pré-déclarés pour justifier son existence. Le « monde » a-t-il besoin de thèmes et d’arguments pour justifier son existence ou s’expliquer lui-même ?
L’art nécessite un vide qui ne doit pas être comblé.
Une vision chorégraphique
Je pense que l’un des rôles principaux de l’art devrait être de contrebalancer la culture de la négativité, un triomphe constant de positivité.
La chorégraphie examine des questions soulevées à un moment et dans un lieu donnés, par un certain groupe de personnes, à travers certains ensembles d'outils et de processus. Les structures avant les effets, les systèmes avant le contenu. Les premiers sont des forces créatrices, les seconds, des sous-produits. La chorégraphie ne concerne pas la création de contenu, mais plutôt le processus d'organisation créative du contenu. Elle est la conscience mesurée dans le temps, l'espace et l'action. Pour ceci, je souhaite créer un endroit où les danseurs peuvent trouver le calme et un état d’être évident, qui leur permet d’être présents, de trouver leur intégrité, leur sensualité. Pompoko, c’est une vision d’un mouvement libre mais clair. Pour bien danser, il faut atteindre un certain niveau d’inconscience de soi afin de devenir pleinement conscient de tout et de tous les autres, pour s’immerger pleinement dans le moment présent qui se déroule.

Une vision de l'interprète
Je recherche la présence.
Dans le contexte de la danse, la présence est liée à la clarté de l'action. La clarté de l'action est le résultat de la précision de l'intention, qui est principalement le résultat d'une compréhension de la chose dansée et du contexte chorégraphique dans lequel elle se déroule. La danse est une question de compréhension de la responsabilité et de son fonctionnement. C'est la compréhension du contexte chorégraphique d'une œuvre qui permet aux danseurs de donner un sens à leurs actions. Il faut encourager les danseurs à avoir une vision chorégraphique de l'œuvre à laquelle ils participent. La façon d'y parvenir est de leur confier des responsabilités avec précaution. Les mettre dans des situations où ils doivent considérer l'ensemble chorégraphique et en faire une partie intégrante de leur processus.
Je cherche à encadrer le processus de manière claire et efficace, puis je laisse les danseurs créer leur propre contenu dans ce cadre. J'ai le sentiment que le fait d'essayer de trouver et de contrôler le contenu d'une chorégraphie, à partir d'une position extérieure, rend le processus créatif inefficace et déresponsabilise les danseurs, en les limitant à n'être que les véhicules des idées, des pensées et de la vision de quelqu'un d'autre. Je recherche la réalité d'êtres humains concrets engagés dans l'action. C'est la réalité des instincts, du physique, des préférences, des goûts et des dégoûts, des envies, de l'humour, des peurs, des décisions, du sens des responsabilités, des choix et des actions des individus qui apporte le sens et la sensualité pour que la danse puisse être. Il ne s'agit jamais d'une simple imitation de la réalité (souvent celle du chorégraphe), mais d'un lieu où naissent de nouvelles prises de conscience et de nouvelles réalités.
Les danseurs sont encouragés à "faire" plutôt qu'à "expliquer". Cela leur permet de se concentrer sur leurs actions de manière directe et non émotionnelle. Il n'y a pas de volonté de susciter des émotions, mais de les laisser émerger.

Une vision du chorégraphe
Pour moi, l'art de la chorégraphie consiste principalement à identifier précisément les phases du processus dans lesquelles ma présence est nécessaire et celles dans lesquelles elle gênera, dérangera, distraira, privera d'autonomie, contrôlera, limitera, retiendra et embrouillera les danseurs.
Faire confiance aux danseurs et à ce qu'ils font instinctivement. Jusqu'à la fin, ne donner aucune correction sur les mouvements à qui que ce soit. Je pourrai le faire à la fin, si nécessaire. Essayer de repérer les nouveautés qu'ils proposent, les choses que je ne connais pas, même si elles sont très différentes de ce à quoi je suis habitué ou de ce à quoi je m’attendais. Car je cherche toujours un moyen de leur permettre d'être présents de manière authentique, de conserver leur personnalité individuelle, leurs forces et leurs faiblesses.
Changer d'avis, à propos de tout, est une partie indispensable du processus artistique. D'une certaine manière, c'est de cela que sont faits l'apprentissage et la création. Une longue série de nouvelles prises de conscience, de perceptions modifiées, d'abandon d'anciennes convictions et d'accueil de nouvelles. Le processus artistique est en quelque sorte plus lié à ces changements constants qu'à l'établissement de vérités permanentes. C'est lié au fait que le processus artistique est un acte de questionnement permanent, plutôt qu'un acte visant à trouver des réponses. Ce qui "fonctionne" à un moment donné est dynamique, insaisissable et changeant, profondément influencé par le contexte dans lequel l'œuvre est réalisée, et si l'on n'est pas capable de changer d'avis par rapport à cette simple question, qu'est-ce qui "fonctionne" réellement, le processus artistique stagnera et finira par mourir.
- Killian Drecq



























































